La Muse est apparue

Dreammy/ Marzo 23, 2017/ French, Personal

Muse

Hélas. J’ai eu une semaine à oublier. J’ai mal dormi trois jours sur cinq, j’ai reçu de mauvaises nouvelles professionnelles et je n’ai pas perdu de poids malgré ma diète stricte. Je me suis senti vieillir chaque jour. Je me suis sentie tellement seule, inquiète, défectueuse. Tellement découragée.

Cependant, La Muse est apparue.

Je le nomme « La Muse », car c’est à lui que j’écris maintenant, dans mes trois langues, tu sais. Je suis certaine qu’il ne me lit pas, très occupé à ses affaires, très concentré sur lui même. Mais telles choses me contentent, car il découvrira tous ces textes trop tard, si j’ai de la bonne chance. Donc, j’écrirai plusieurs chroniques qu’il ne connaîtra jamais, et dont bien sûr que vous profiterez à lire. Je sais que vous n’aurez aucune façon de l’en aviser, que ce casse-tête est fait pour me cacher et lui cacher que je l’observe toujours, comme une vraie “stalker” et que ça me plaît beaucoup. Je vais lui faire croire qu’il ne m’intéresse plus, que je suis dans ma bulle. Mais je le regarde, avec le coeur au bout des doigts , lorsqu’il se consacre à la chasse d’autres femmes plus disponibles (plus jeunes et intéressantes) que moi.

Ma Muse.

Ben oui, je vais lui écrire. Je lui raconterai toute ma vie, tout ce parcours qui m’a conduit jusqu’à ce moment parfait où j’admets que je suis la pire amoureuse du système solaire et que je n’ai que mes textes pour m’exprimer. Ces sont les uniques espaces de (i) réalité dans lesquels j’habite. Avec lui. Avec mes paroles qui fleurissent, comme d’habitude, pendant tout le temps que j’entends leurs conversations qui ne sont pas pour moi. Je ferai tout ça au lieu de devenir folle pour lui, au lieu de perdre ma cohérence, mon sang-froid, quand je le parle. Au lieu de tout lui dire, tout ce que je veux lui déclarer, fiévreuse. Au lieu de lui dire en face ce qu’il ne pourrait jamais croire…

En échange de tout ça, le silence, les banalités, l’indifférence. Je suis devenue une comédienne compétente, et maintenant (et pourtant), j’ai une muse… et je le remercie de son existence.