Bleu

Dreammy/ Junio 6, 2017/ French, Personal

Tes yeux me transpercent, Musa. J’essaie de ne pas les rencontrer. Je parle du climat, de la difficulté des immigrants à s’adapter, de mes plans pour la fin de semaine avec mes amis, du film qu’on va regarder demain, du climat encore une fois…

Je remarque tes ongles rongés, tes mains crispées pendant nos conversations de groupe et tes doigts qui arrachent les objets avec anxiété, et je voyage en silence dans le plus profond de ma tête, pour te fabuler. Mais souvent je me distrais et j’atterris encore une fois dans tes yeux apparemment translucides, mais qui ne me révèlent rien, sauf une étrange et visible peur de me questionner sur ce que tu veux vraiment connaître. Bien sûr, muse, j’ai aussi peur de te réponde car je ne sais pas mentir. Je sais seulement changer la conversation, clore les sujets, te demander de me raconter ta vie et ainsi te faire oublier l’intérêt à savoir si je t’attendais. Je maîtrise l’art de t’éviter.

C’est une tâche stressante, tu comprends. Je prends tout l’effort de penser que ça va fonctionner, que je vais finalement t’oublier, qu’il y a autres problèmes vraiment plus urgents à résoudre que toi. Donc, je fais de mon mieux pour être indifférente, mais quand tu me parles, ou me touches par accident, je me sens mourir. J’ai du mal à cacher que tu as le pouvoir sur moi. C’est décourageant.

Peut-être que la chance sera avec moi et que je pourrai me débarrasser de ce sentiment plus rapidement que ces textes; que je finirai de les écrire et que tu seras un souvenir de l’hiver froid de cette ville pleine des gens qui ne veulent plus être seuls.

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