On garde l’amour pour une occasion spéciale

Dreammy/ Junio 20, 2017/ French, Personal

Nous nous sommes rencontrés. Je t’ai aperçu dans la multitude, mais j’étais trop timide pour t’annoncer que je venais d’arriver. Je me demandais quand j’aurais l’occasion d’avoir un moment tranquille avec toi, au milieu de la folie des gens qui parlaient, de la musique étourdissante, du tintement des verres pleins et des visages anxieux des amoureux. Ça s’est finalement passé plus tard dans la soirée. C’était bref, simple. Tu me racontais ta vie et tu me demandais aussi de te raconter la mienne. Je t’avais presque tout dit, mais j’ai caché que ce que je sentais pour toi. J’avais écouté attentivement quand tu parlais et j’avais compris ce que tu es, à l’endroit où tu vas. Je t’ai encouragé à trouver ta motivation, ta raison d’être ici. Une raison assez forte pour ne pas tout laisser tomber, malgré le mal du pays et les souvenirs d’un amour qui n’a pas fonctionné. On s’est dit des plaisanteries pour bien finir la conversation. Le café où nous étions fermait. On devrait y retourner chacun chez soi. On a marché rapidement jusqu’au métro.

J’étais tranquille, j’étais en paix. Apparemment.

Mais quelque chose s’est passé avant de se dire au revoir…

Je t’ai embrassé!

ZUT.

Je ne sais pas quelle force s’est emparée de mon corps et lui a fait faire cela! C’était comme si mon cerveau s’était éteint et que je fonctionnais avec le souffle de vie de mon corps pendant ce moment complètement étrange. Et pire, ça m’a fait prier les dieux pour que le temps s’arrête! Au milieu de la station centrale! On aurait dit une scène d’un film classique: deux personnes empêtrées dans un baiser qui ne finissait pas. Et je suis priée que le temps s’arrête seulement pour cette situation inattendue de ta part. Or pour moi, c’était inévitable car je ne pourrais pas continuer à vivre dans cette galaxie sans connaître la saveur de tes lèvres, sans sentir la douce odeur de ton cou. Je devrais revenir à la vie avec la chaleur de ton corps! J’ai pris le courage de découvrir tout ça, malgré mon horrible timidité. Je me suis lancée sans parachute, de façon desespérée sur toi.

Tu étais vraiment surpris… mais tu n’as rien fait pour arrêter ça. Tu m’as demandé si ce baiser était amical. Non. Il ne l’était pas, ma Muse. L’amour qui s’y cachait, timide, déguisé en passion. Et je n’ai pas le courage de dire à mon coeur qui doit laisser tomber. Donc, on garde l’amour tranquille dans ma poche, pendant que j’écris ces chroniques et on les démêlera dans une occasion spéciale, mais pas à toi, c’est certain. Calme-toi, Muse. Pour toi c’était simplement un bisou. Pour moi, c’était la fin du monde, mais je suis encore vivante.

Je suis encore… en vie.

Calme-toi. Je trouverai la façon de te débarrasser de moi. Je te le promets.