Finale

Dreammy/ Julio 1, 2017/ French, Personal

Musa, je ne pouvais pas dormir. Après notre incident au milieu de la station centrale du métro cette nuit-là, je me sentais vraiment idiote. Je me suis aperçu que tous mes efforts pour rester neutre avec toi avaient échoué misérablement et que maintenant j’étais de toute évidence, amoureuse de toi. Exactement ce que je voulais éviter coûte que coûte.

Tu étais assez mal à l’aise car je t’avais laissé seul sans finir ton affaire. Tu avais perdu une occasion de remplir ton carnet et ça te laissait maladroit. On a essayé d’être courtois et de rester amis, mais c’était certain que tu n’avais pas d’intérêt à côtoyer quelqu’un qui faisait tout l’effort pour cacher son intérêt pour toi et qui, en plus, avait reculé assez désastreusement. Quelle sorte d’idiote ferait une chose comme ça? Quelle sorte de femme perdrait l’occasion de passer un bon moment avec toi, Superman?

Moi, je ne savais comment guérir mon cœur (et mon amour propre) en attendant tes efforts inexistants. On a mis de la distance, même virtuelle, et ce symptôme d’abstinence me désespérait.

J’avais besoin de boucler la boucle, pour moi… et peut-être pour toi. Je ne pouvais être sans toi et en même temps, je m’enfermais en t’attendant. Je m’étais aperçue de l’urgence de cet effort la dernière fois que je t’avais rencontré avec nos amis : je tremblais en ta seule présence. C’était une sensation de faiblesse inattendue et épouvantable. Je devais arrêter de l’éprouver. J’avais besoin d’une guérison extrême, d’une amputation.

J’ai cherché comment le faire. Peut-être un acte exagéré de ma part, pour sortir théâtralement de ta vie et revenir à mes sens? J’ai choisi ça: te reprocher de ne pas être pas là quand je te le demandais, comme si j’étais ta blonde. Malade, non? Génial!

Hé ben oui, ça a bien marché. J’ai eu le dernier mot, comme toujours. Je l’ai fait pour te faire sentir soulagé de ne pas avoir eu plus de moi qu’un baiser, et te faire croire de toute évidence que je suis une folle dangereuse. Plutôt que tu comprennes vraiment que la fille qui t’a écrit tous ces billets de blogue n’arrête pas de rêver à toi, et probablement ne cessera jamais de le faire.

Et je l’ai fait… je t’ai laissé partir, même avec un nom, choisi pour toi, Musa.