Todo fue ayer

Ayer fueron los 80s,
ayer yo miraba sus piernas, mientras el bus se movía lentamente, rumbo a casa, con las oleadas de deseo tumbándome de asombro.

Ayer estaba sentada en aquella banca de parque, comiendo yogurt, deseando salir de aquella tristeza, de aquella amistad tóxica, de aquella ciudad que me expulsaba cada día.

Ayer, me cantaba “Tu nombre me sabe a hierba” en su guitarra, con la luz de la calle, iluminandonos, solos, en la penumbra de la banca de mi patio, para besarme por primera vez.

Ayer me miraban los primeros ojos azules que me quisieron para algo, en la vida. Ayer, también me han mirado los últimos que yo quise.

Ayer me lo encontré, ayer me dije “tengo que besarle, porque no le volveré a ver”, porque sabía que, efectivamente, no vuelven nunca. Ayer les besé todas las veces necesarias. Ayer también, me detuve de hacerlo, porque no siempre puedo abrir mi propio corazón a todo el mundo. Lo siento.

Pero.

Ayer amé como loca, reí como loca, callé como loca y me enfadé hasta la enfermedad.

Ayer también recibí una visa, bajé de un avión, empecé un camino, lloré en el aprendizaje, lloré recibiendo una ciudadanía. Sé que no dejaré de llorar, pero será siempre de agradecimiento.

Ayer te he empezado todas las veces posibles, de todas las formas posibles. Ayer he rabiado antes de haber vuelto a empezar, por supuesto.

El ayer viene demasiado rápido. En éste instante que se termina de escribir ésto, ya es el pasado y yo sólo puedo atestiguarlo post-mortem, porque no hay modo de contar el presente, que no existe, que es efímero y que voy viviendo absolutamente consciente que en una brizna de siglos, a nadie le importará una mierda mi ayer. Mi hoy es imprescindible y por ello, no lo reporto.

Mil perdones por mi ausencia. Estoy viviendo.

Crónicas de Montréal 15: Digamos muchas cosas

Es verano, otra vez.
Otro año en el que digo “caray, éste último ha sido el mejor de mi vida” y luego sé que será destronado estrepitosamente por el siguiente.
Otro año en el que pienso que ésta ciudad es maravillosa y me vuelvo una nazi cuando alguien me dice que no, que “más o menos, la verdad” y yo quiero sacarlo a empujones del sitio. Muere, bellaco.
Otro año en el que los retos se suceden, interminables, pero, oh sorpresa, me lanzo sobre ellos, con un “jerónimo!” entre los dientes y a ver cómo se resuelve todo, porque no hay forma de evadir las cosas, salvo enfrentándolas de una vez.
Pero.
No es un año cualquiera.
Están pasándome cosas que no puedo controlar. Alguien me ha dicho “ya me tienes” y me he quedado mirando a las estrellas, bajo el cielo descubierto de ésta ciudad, boquiabierta, sin ganas de replicar, sin palabras, yo que siempre las tengo todas. Me siento confundida y mis superpoderes se ablandan, chorreándose con los sencillos argumentos de alguien que se ha quedado en medio de mi Legión, sin encontrar nada raro ahí.

Entonces, hay otros retos, encima. Van de lejos mis ansias de ser cada día una versión mejorada de mí misma, para mi. Me estoy convirtiendo en una versión corregida y aumentada, a causa de las pruebas que me pone aquel que me tiene sujeta y que no me quiere dejar ir.

No me quiere dejar ir. Qué genialidad es ésta. Me da más miedo que quedarme sin empleo.

Arfff. Debería hablar de lo espectacular que es Montréal. De todo lo que es posible hacer en este verano donde la ciudad cumple demasiados años para no fiestear por todo lado. Debería contarles mis nuevas adicciones, mis nuevos amigos, las nuevas cosas que siempre descubro, hacerlos envidiar el vivir en ésta increíble isla. Pero ya ven, sólo me quedo mirando a las estrellas, de la mano de alguien que me mira.

Ce cauchemar

Ma chère Muse, je me suis réveillée en sursaut à l’aube, avec le cœur dans la gorge. J’avais rêvé avec toi. Pas exactement ça. Sans toi.

Dans mon rêve, je me souviens d’avoir regardé mes messages sur mon téléphone cellulaire et je n’étais pas capable de trouver ton numéro, même ton contact. Je le cherchais frénétiquement pour une raison inattendue, et je désespérais. Tu n’étais pas là.

Je me sentais tellement perdue. Je pensais que tu me détestais, que tu ne me parlerais plus jamais comme d’habitude, pour ne rien dire, que tu n’attendais pas mes réponses avec sarcasme. Que tu n’aurais pas le moindre intérêt de savoir si notre groupe commun d’amis avait quelque chose à faire en fin de semaine.

Car ça y est le truc avec toi: tu apparais et disparais à ton gré. Cependant, j’essaie de faire ma vie normalement, si c’est possible après t’avoir rencontré. Car tu as bouleversé mes plans de tranquillité, d’ordre et progrès. C’est grave.

Donc, au lieu de t’envoyer un message pour savoir si tu es encore là et me vendre complètement comme une folle, j’ai ouvert mon cahier mauve et j’ai écrit de la poésie. C’était extraordinaire, ma muse! Je ne le faisais plus depuis que je suis venue ici, dans enfer blanc. Le Loup était resté même avec cette partie de moi, et je ne savais pas comment la récupérer.

Mais toi, ton absence m’a apporté ça. Une incroyable poésie en anglais que tu jamais ne liras.

Le Loup et la Muse

Ma chère muse, tu n’as pas encore de nom. Tu es simplement La Muse (comme ça, en majuscules), et c’est tout. Peut-être que toi, La Muse, tu gagneras (ou annonceras) ton propre nom, un nom plein de lumière ou d’ombre. Un nom qui t’identifie parmi les autres muses qui existaient avant toi.

Parce que c’est vrai, ma Muse, il y en a eu deux autres comme toi. La première muse est devenue éternelle, car c’est elle qui a déclenché toute cette affaire, mais elle est perdue dans ma mémoire et ne mérite plus que l’on parle d’elle. Elle s’appelait elle-même « L’Ornithorynque » et elle défiait toute ma capacité intellectuelle, pour finalement mourir, déshonorante, aux bras des autres femmes. Je me souviens avec amertume — et peut-être avec l’incrédulité — de lui. Pas plus que ça. Mais j’étais jeune, et mes poèmes se succédaient dans un flux interminable. Je lui ai dédié ce livre de poésie, douloureux, mais exorcisant : et après l’avoir publié, comme si elle était un mauvais accouchement, j’ai enterré cette muse sans pitié. Je renaissais comme un phénix.

Mais la deuxième…

La deuxième était un loup. Il était un loup d’argent, plein de fierté. Orgueilleux de ses racines, de sa race, de son ADN furieux, même s’il était né près d’un lac. C’était était un loup qui défiait la gravité, qui remontait jusqu’en haut des Andes, et au sommet, regardait vers l’infini. Il était rarement au le niveau de la mer, tranquille; il semblait toujours en train de bouillir. Son état naturel était un feu interminable, inextinguible. Sa manière de m’observer me traversait, même à distance. Car Le Loup était intelligent, était perceptif. Car il me connaissait comme la paume de sa main. Il m’agitait, il me calmait, il me faisait l’aimer sans remords.

Le Loup écrivait aussi! Même si sa langue maternelle n’était pas la mienne, il la maîtrisait. Il me donnait les textes les plus incroyables qu’une femme ait reçus dans sa vie. Il me faisait rêver avec des phrases. C’était comme si tout son corps se donnait dans un texte. Il était à moi. Du moins, je le croyais.

Mais je te disais, Le Loup, ce magnifique loup que m’avait ordonné de le rencontrer à l’autre bout du monde — sans même comprendre que mon aventure ici était aussi une façon de lui montrer que je deviendrais la femme qu’il méritait —, il m’a quittée avant de venir ici. Je vais te dire un secret : je continue à sentir sa présence, les nuits froides, quand je suis à l’extérieur. Je le sens encore crier au loin, affamé. Cependant, je comprends que tout est dans ma tête, qu’il ne viendra jamais me chercher comme le prince d’un film romantique.

Je sais que je marche seule, mais pas solitaire. Je sais que je suis mes expériences, mauvaises et hallucinantes comme des épiphanies. Je suis Légion, ce groupe de démons qui parlent tous en même temps et te font peur quand tu me regardes dans les yeux. De cette manière je me sens forte, malgré les cicatrices qui couvrent mon corps; toutes ces blessures ont été faites par ces deux muses, parfois cruelles, parfois nécessaires pour ce parcours que je fais. Je suis certaine que tu m’en fera d’autres, mon amour. Je serai aussi fière d’elles, car ce sont des expériences qui me montrent jusqu’à quel point je ne suis pas la fille qui est partie de la maison parentale autrefois. Je me retrouve dans ce miroir qui va à la dérive, qui ne reflète rien qu’à moi-même… mais qui te regarde.

Montreal Chronicles 7.- Mont Royal

He looked at me from his cup of coffee and asked:  so, you really don’t know Mount Royal, do you? Well, no, I answered, a bit ashamed. I have been living here for more than three months and I hadn’t had the time to visit all the landmarks of the city, not even at the time when was only a tourist. Shame on me, sometimes. It’s a mix between laziness and tranquility. I haven’t made a list of places to discover here. Well, not an actual list, but a virtual, mental list that I forget all the time and when someone makes me remember it I may say  “oh yes!” and that’s it. I’ll fix my schedule, and I’ll go ahead, mostly alone. But that time he was there, with his steaming coffee cup and his plaid shirt that made him look younger than he was, staring at me. Well, really, I don’t know that place. Okay, let’s go tomorrow, he decided. It will rain tomorrow, I answered. So what? I hate summer storms, I said, so let’s go early there. What, why?, he complained, it’s gonna be Sunday, he said.  You promised. Oh well.

 

So there I was, really motivated, at the right time. Sports outfit on, with sunblock and a cold water bottle. Okay, maybe a runner’s cellphone application in order to check calories and distance. What else? Just leaving Mont-Royal metro station (they share almost the same name), to the park. The aerial view that Mont-Royal will show makes you realize that this small mountain is in the middle of a big city full of parks and gardens, places where activities are centralized, sometimes under the crown of a tree or by the side of a fountain, every single summer. Same here. 

 

Mount Royal is a big mount who faces the city, the river and even the rest of the province. It was created with great catholic pomp procession, by the time my native country struggled with war. It was easy for me to imagine this old lookalike European city, as old as mine, sanctified to all the catholic saints, with their citizens walking into this place, praying. Who could imagine that a couple of centuries later it would be invaded by tourists and sports junkies?

 

So everybody went up the hill. Even a bus went up, but we weren’t able to understand where and how. Our goal was to go to the top of the mount. My host didn’t stop talking, maybe because he did not have the opportunity to share his thoughts frequently or maybe just because he hated silence. As for me, it was just the opposite: a reflexive muteness, wherever it finds me. I was sincerely touched by this small forest conservated for more than a century, affected by my own need for big spaces of nature. This forest has a calming effect on this busy city in the same way that has the Pacific Ocean to my hometown, Lima.  People can handle the abundance of the concrete and cement just because of this type of relaxing spaces.

 

When the guy who took me there got bored because of my contemplative silence, he though I was tired and he lost his (minimal) patience. I have a soccer match, he said. No problem, I’ll spend more time here, I said, smiling. He nodded and added: You see, I’ve been living in Montréal a couple of years and never took a selfie in here. And he left, while I was dreaming… and still in a trance.  

Montréal Chronicles 6.- Those stories and their owners

Never in such a short time, since I am living in this city, have I had the opportunity to meet these many people who wanted to share their stories with me. Some of them were told in a noisy bar, others at the bus stop, or even in the middle of an English class. It made me suddenly realize that every day of my life in Québec city had been awfully lonely, but also full of my own stories, in a desperate – and surviving- attempt of auto contemplation. They were solitary experiences except for a few dear friends that I was able to meet when they had the time to do so. Being alone was sometimes baffling, it was like observing myself naked in the mirror the whole time. It was a constant, weird act where I was building different versions of myself to talk with. In other words: I was getting crazy. 

 

But here, people’s voices are everywhere. My shell is opening again and I left my cocoon to observe and listen to everything and everybody. Mostly the latter because everyone wants to tell you something, anyhow. 

 

However, I still feel as the invader who claims to tell you those stories. It breaks my heart because I don’t feel ready! I don’t want to talk about my story either, even if some people believe I already have something to say. I want to introduce you those people I meet, but I consider sharing those things will make me a traitor and I just feel I must mute my attempt. I just can show some few lights about it: The frustrating loneliness of a father who left everything behind just to give a better life to his children. Also the story about this other guy who remembers his best family holidays in a place that he will never call his home country again; or this other guy who believes that his best summertime was in the rice fields where he worked, located in a remote place that he knows he won’t go back to. I do not even dare to write the story about those people who had to run away from their hometown in the middle of the night to save themselves from deadly religious persecution. So many talks, so many tales, so many different life experiences, all of them remembered as precious souvenirs from another life, almost from another planet. Far from the cold but safe Canada.

 

That is why their stories are still on they own. I figure someday I’ll be able to write them, to create that beautiful filigree that real writers do, which I poorly imitate. I have faith that the future will let me show those stories to you.

 

La Muse est apparue

Muse

Hélas. J’ai eu une semaine à oublier. J’ai mal dormi trois jours sur cinq, j’ai reçu de mauvaises nouvelles professionnelles et je n’ai pas perdu de poids malgré ma diète stricte. Je me suis senti vieillir chaque jour. Je me suis sentie tellement seule, inquiète, défectueuse. Tellement découragée.

Cependant, La Muse est apparue.

Je le nomme « La Muse », car c’est à lui que j’écris maintenant, dans mes trois langues, tu sais. Je suis certaine qu’il ne me lit pas, très occupé à ses affaires, très concentré sur lui même. Mais telles choses me contentent, car il découvrira tous ces textes trop tard, si j’ai de la bonne chance. Donc, j’écrirai plusieurs chroniques qu’il ne connaîtra jamais, et dont bien sûr que vous profiterez à lire. Je sais que vous n’aurez aucune façon de l’en aviser, que ce casse-tête est fait pour me cacher et lui cacher que je l’observe toujours, comme une vraie “stalker” et que ça me plaît beaucoup. Je vais lui faire croire qu’il ne m’intéresse plus, que je suis dans ma bulle. Mais je le regarde, avec le coeur au bout des doigts , lorsqu’il se consacre à la chasse d’autres femmes plus disponibles (plus jeunes et intéressantes) que moi.

Ma Muse.

Ben oui, je vais lui écrire. Je lui raconterai toute ma vie, tout ce parcours qui m’a conduit jusqu’à ce moment parfait où j’admets que je suis la pire amoureuse du système solaire et que je n’ai que mes textes pour m’exprimer. Ces sont les uniques espaces de (i) réalité dans lesquels j’habite. Avec lui. Avec mes paroles qui fleurissent, comme d’habitude, pendant tout le temps que j’entends leurs conversations qui ne sont pas pour moi. Je ferai tout ça au lieu de devenir folle pour lui, au lieu de perdre ma cohérence, mon sang-froid, quand je le parle. Au lieu de tout lui dire, tout ce que je veux lui déclarer, fiévreuse. Au lieu de lui dire en face ce qu’il ne pourrait jamais croire…

En échange de tout ça, le silence, les banalités, l’indifférence. Je suis devenue une comédienne compétente, et maintenant (et pourtant), j’ai une muse… et je le remercie de son existence.

Crónicas de Montréal 12.- En lo que esperamos

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Uno se aferra a las rutinas. A veces sin darse cuenta. Aunque deteste repetir actividades, como yo. Porque las rutinas dan una sensación de tranquilidad, de orden, de estabilidad. Sobre todo en momentos donde la incertidumbre es parte de lo cotidiano, como en mi caso. Mi vida, como siempre, está cambiando. Nunca puedo tener certeza del rumbo que tomará, sólo puedo decidir cosas a un mediano plazo, con la esperanza de no necesitar planes B, C o XYZ… y rezar para que el curso de aquellas decisiones no me lleve al error ireparable… que no es la muerte, mon dieu. Sin embargo, salvo la muerte, todo es remontable, reparable, repetible, mejorable y sirve para aprender. Pero he aquí que la vida te pone en situaciones en las que, sabiendo que hay soluciones, tienes que jugar tus fichas sin saber si realmente la vas a chuntar. Para pasar el rato, mientras esperas si son peras o manzanas, están aquellas rutinas que te pueden ayudar a paliar la deseperación que se siente al estar tras las bambalinas de tu propio biopic: ¿Ahora cómo hará tal o cual cosa? ¿Conseguirá tal o cual empleo? ¿Aquella irritación cutánea que le ha salido es cáncer o qué? (una broma pues oe)

En mi antigua ciudad tenía algunas rutinas que trataba de no dejar de hacer, llueva o truene. Los domingos, por ejemplo, me daba un gran baño de tina al final de la tarde, mientras veía un episodio de mi serie favorita y me echaba porras para sobrellevar mi semana con olas de agua tibia y abundante y perfumada espuma. Mi semana solitaria en la que, aunque hiciera un frío polar, iría alguna vez al cine a media semana o a comerme unas papas fritas mientras devorara un nuevo libro, algún jueves o viernes. Pero eran los domingos, donde me arrullaba a mí misma. Me decía que todo iría bien, porque como Rexona, Dios tampoco abandona, porque ahí anda una con el mazo dándole a las cosas, para que las cosas sucedan y etc.. Una rutina para paliar toda la incertidumbre siguiente.

Desde que estoy aquí tengo algunas actividades que he convertido en rutina, con aquel mismo fin: poner algo de orden y estabilidad a una estancia que recién empieza y que, como siempre, me aterroriza experimentar: Vivir sola en una ciudad desconocida, donde intento encontrar un empleo, hacer amistades y con suerte, pillar un amor. Mis sencillas rutinas me dan un orden, una disciplina que cumplo a raja tabla de la que luego tomaré el espíritu para poder desempeñarme en mis otras labores semanales, absolutamente inciertas, angustiantes, sobrecogedoras y jodidamente dependientes de las decisiones de otros. Porque ése es el punto: que no dependen de mi y mis ganas de arrasar con todo. Depende de alguien sentado tras un escritorio, de un otro tras una copa, de un tercero tras un ordenador…

En ésta linea de pensamiento, sé que mis rutinas cambiarán con el tiempo. Habrá algo, alguna actividad, que requerirá mayor importancia y tendré que cambiarla, dejando de hacer la anterior. Tendré otras prioridades, administraré mis tiempos de otra manera. Pasarán los años y tal vez no pueda realizar muchas de las actividades que ahora amo, sea por la edad o una enfermedad jodida que me impedirá gozar de aquellas pequeñas felicidades. Porque las estabilidades, con la edad, son cosas que aprecias, ésas alegrías instantáneas que te hacen sentir furiosamente vivo…y por éso las repites tozudamente.

Empiezo a entender, con aquella tristeza torreja que da la madurez, que no hay nada eterno; es simplemente que hay cosas que llegan a superponerse antes de que otras terminen. Por el momento, entonces, éstas son mis rutinas. Sólo me queda desear que las que vienen, sean más edificantes, especiales, inolvidables.

Crónicas de Montréal 10.- El Dedo Ilustrado

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Demasiada agua bajo éste puente.

Hace 12 años y dos meses me animé a crear un blog y a escribir en él. No fue mi iniciativa. Fue la de mi querido (y cargoso) amigo cometa. Aquel chico que conocí una tarde varios años antes, luego de haber spameado a todo el IPP con un correo en el que buscaba gente para armar un grupo de rock… y fallar ridículamente en el intento, salvo por conocerle. Milton, que así se llama aún mi amigo cometa (chapa bien ganada porque él nunca se estaba quieto en ningún lugar), me cargoseó con otro blog, el cual me parece debe ser éste. Mi primer post fue tonto, curioso, breve, pero no el único, en una cuenta Blogger de la que que migré a WordPress en el 2009. En todo caso, escribía con tal febrilidad que me pareció una excelente sugerencia para alguien introvertida como yo: la gente podría leerme sin tener absoluto contacto conmigo. Lo haría escondida con un pseudónimo que aún conservo. Me escondería en la privacidad de mi habitación, en el silencio de una biblioteca, en la esquina de una cafetería, literalmente en cualquier lugar que me permitiera aislamiento. Así ha sido durante 12 años… sin darme cuenta.

Sin querer, entonces, aquel blog se convirtió en una prolongación de mi bitácora personal. Escribí sobre todo lo que pasaba por mi mente y por mi vida. Sobre amores, desamores, temores, horrores, frustraciones y maravillas. Escribir aquí me motivó a desarrollar otros proyectos, con menos miedo, sabiendo que, tal vez, había logrado decir un poco de lo que siempre deseaba decir, pero sabiendo que nunca podía hacerlo a cabalidad. Escribir LA obra. Algo que descubres que no llega a ser posible desde tu perspectiva (tal vez los lectores dirán otra cosa, pero alguien que escribe nunca está satisfecho sobre un texto, simplemente lo abandona, agotado), sobre todo cuando te adentras en otros idiomas y descubres que hay muchas cosas que tu lengua materna es incapaz de explicar; pero tampoco lo hacen aquellas otras que intentas dominar: porque desnudarse completamente el alma es una vaina intraducible que tal vez se descubra como una epifanía con el último suspiro de vida. Jodido, lo sé.

Pasaron huaicos, tormentas, terremotos por acá. Pasaron abandonos, retornos, exploraciones, reconocimientos y cambios verdaderamente alucinantes. Vinieron experiencias, gente, lugares, todo nuevo. Dejé de ser la opinóloga asignada, con la felicidad que da la edad y saber que, efectivamente (qué alivio), uno no puede -ni tiene- la obligación de saber de todo. Ahora soy yo la amiga cometa, la que anda en otro lugar del mundo, la que quiere contarte todo lo le viene a la mente, todo el tiempo. Con el mismo entusiasmo tímido del primer post. Sin ínfulas. Soy la loca que sigue escribiendo.

Crónicas de Montréal 5.- Las que somos, incluso aquí

Andrés Edery, explicando sencillamente cómo nos ven a las mujeres en Perú. #NiUnaMenos
Andrés Edery, explicando sencillamente cómo nos ven a las mujeres en Perú. #NiUnaMenos #Facebook

No me considero especialmente iluminada. No tengo ideas geniales, ni siquiera opinones que lleven mover a las masas. De hecho, me siento como aquel impedido físico de nacimiento que, sin esperarlo, descubre que no puede hacer las mismas cosas que otros. Siempre pues, me maravilla aquella gente que puede expresar ideas con claridad y síntesis, que es capaz de resumir sentimientos y sensaciones que los otros tenemos pero que nos es difícil explicar. Me parece que es un don poder descubrir, también, nuevas maneras de pensar, nuevos caminos o lineas de razonamiento y llegar a conclusiones a las que no todo el mundo puede arrivar, que cualquier otro simplemente vislumbra dificultosamente. Aquel que logra ver algo de la entrada de aquella cueva en la que nos encontramos todos. Un visionario, un ser especial. No, no llego a ello.

En contra, puedo decir que mi curiosidad por saber siempre más me ha llevado a seguir de cerca a aquellos del párrafo anterior y escucharles, entenderles, razonar con sus descubrimientos u opiniones y poder, gracias a ellos, ampliar mi panorama. Siempre recuerdo aquel dicho que aprender de los errores del otro es un signo de inteligencia: se ahorra el guamazo del ensayo y encima se puede mejorar la experiencia.

Habiendo dicho todo ésto, diré que muchas de las cosas que he aprendido sobre vivir las he hecho a través de las personas que han pasado por mi vida. De las buenas y malas experiencias. De mi educación, en una gran parte y del vivir siendo una mujer latina, soltera y (ahora) inmigrante. En mi ignorancia, ya desde niña, intuía que mi educación sería insuficiente para poder valerme por mi misma en mi vida en mi país de orígen. Mi educación, no mi instrucción. Fui educada católica, desde el kinder hasta la universidad. En una burbuja donde se esperaba que una mujer fuera un ser que sirviera completamente al otro sexo. Donde era sinceramente desagradable que tuvieras opiniones, lecturas, deseos. En ello se fundamentaba toda mi educación y aquellas metas estaban siempre enfocadas a fundar una familia, a criar hijos y a morir con nietos. Sin embargo, botada a la calle en el primer año de universidad, mis supuestas metas se fueron al carajo. Yo no quería agradar a nadie. No quería servir a nadie. No quería ir a la universidad para conseguirme un marido. No quería dar a cualquiera mi corazón y mucho menos tenerle en mi cama. Me sentía frustrada, deprimida, incompleta. Dejé de callar mi descontento, porque ni siquiera era capaz de encajar con aquella sociedad en la que el color de la piel era “el pase” hacia otro tipo de trato, al igual que con el dinero. Y yo no tenía ambos. Pero tampoco era estúpida, por cierto. Más bien tontona, porque una va con la inocencia por ahi chorreando y la pierde, no en un acto sexual, sino en situaciones que te quitan la esperanza y te escriben el descaro o desencanto en la cara.

Regreso entonces a la idea que ser mujer, es la cosa más recontrajodida del mundo. Sin importar en qué siglo se nace, se tienen sus retos. En el periodo en el que vivo, en el país en el que nací, tener opiniones siendo mujer, es de muy mal gusto. Tener más lecturas es sinceramente excluyente. Si pasan los años, no tienes derecho ni a amar, ni a tu sexualidad. Ser mujer en el tercer país con mayor cantidad de agresiones sexuales en el mundo es una desgracia. De hecho, no tienes derecho a tu sexualidad casi toda tu vida, a menos que quieras exponerte a una agresión, en varios niveles, que van desde el insulto, pasando por la discriminación, la agresión sexual o -si tienes verdadera mala suerte- la muerte. Es renunciar a ser lo que pudieras ser, para esconderte dentro de tu propia concha. Es aprender desde muy pequeña que tu cuerpo no es tuyo, sino del que quiera y que no hay nada que puedas hacer para que no te agredan. Es competir intelectualmente para ir siempre perdiendo porque “nunca serás capaz” y créertelo, encima. Es desear sinceramente ser hombre para poder tener las mismas ventajas y poder que ellos obstentan. Es, sin embargo, saber que puedes ser mucho más fuerte que muchos de ellos, y tener que disimular tus capacidades para poder ser aceptada. Es tener que cuidar cómo vistes, cómo bebes, dónde caminas, a qué horas circulas, con quién socializas o qué comportamiento debes tener en tal o cual circunstancia. Es racionalizar la agresión de un novio, un jefe o un padre o de cualquier extraño. Tal vez te lo merezcas, te dices. Tal vez no eres cuidadosa. Tal vez no es la gran cosa, porque a todas les pasa. Tal vez eres un bicho que no cuesta nada eliminar.

Diría yo que todo ésto que cuento, lo fui masticando desde mis frustraciones universitarias y lo sigo pensando mientras estoy viviendo en éste país al que migré. Desear vivir plenamente fue una de las razones fundamentales por las cuales me atreví a dejar todo y venir a Canadá. Sigue siendo uno de los motivos por los cuales he cambiado de ciudad; probarme a mi misma que ser mujer no tiene nada que ver con mis posibilidades de crecer. ¡Que ser mujer no debe ser un maldito handicap, coño! Que puedo ser capaz de grandes cosas, con todo y ovarios. Me ha costado sangre reaprender a vivir. No es una sociedad perfecta y es más, creo que hay algunas gracias de las latinas que las canadienses han perdido y que deberían retomar. Sin embargo, miro con sincera envidia a las mujeres que nacieron aquí, que, pese a los limitamientos de los que ellas se quejan, son capaces de alzar la voz por sus derechos sin que aparezca la avalancha de huevones pidiéndoles que “vayan a cocinar”. Que viven sus vidas libres, sin complejos, sin prejuicios. Qué sus cuerpos son suyos, solamente. Que son capaces de hacer las mismas cosas que los hombres, muchas veces mejor que ellos. Que no se amilanan ante nada y van por ahí, enseñando a otras como yo, que tenemos aquel miedo traído de nuestros países de origen, a vivir.

No estaré en casa para el evento del 13 de agosto, el #NiUnaMenos. Pero créanme, estoy ahí en alma, en sangre y con toda la esperanza que aquellas que se han quedado luchando, logren cambiar la manera de pensar de todo un país. Bravas. Bravas, siempre.